Bonjour
Attention à ne pas limiter la soudabilite metallurgique aux limites elastique et à la rupture et a l'absence de crique après soudage (fissuration dite "à chaud".)
Dans le cas des 2017, 7075 et 7049 le risque est ulterieur au soudage. Et non diagnosticable par controle non destructif (ni même destructif sur echantillon martyr.) Ceci parce que cet alliage devient sensible à la corrosion sous contrainte. En termes plus triviaux, "c'est le travail de la piece qui va faire pourrir la matière."
Lorsqu'on porte ces alliages à haute temperature, le cuivre qu'ils contiennent à tendance à s'accumuler aux joints de grains. C'est un phénomène metallurgique connu des soudeurs appelé segregation. Carricaturellement localement l'alliage ressemble à un composite avec des grains de metal resistant enrobés de fines lamelles de cuivre. Des micro-fissures peuvent apparaître aux joints de grains dans la ZAT. ZAT, c'est important. Dans la zone fondue, on pourrait essayer de modifier la composition du metal d'apport. Dans la ZAT, on subit sans pouvoir agir. Ces microfissures à leur naissance ne sont pas très dangereuses car très locales
Mais elles peuvent se propager en service par phénomène de fatique et provoquer la rupture de la piece même soumise à des contraintes calculees moyennes (macroscopiques) relativement faibles. Il est facile d'imaginer qu'au fur et à mesure que la fissure de fatigue progresse, la section réelle soumise à l'effort diminue.
Contrainte = Force / section réelle.
A un moment, la section utile a tellement diminué que la contrainte locale depasse la valeur de la limite à la rupture.
La piece se rompt.
C'est dommage parce que du point de vue operatoire ce travail a été conduit de main de maître. Le résultat est magnifique. J'ai usiné et soudé pas mal de pieces critiques. Mais ça j'ai toujours refusé de le faire. Non pas parce que je sais que ça cassera, mais parce que je ne sais pas si ça tiendra
Si j'avais fait ce travail que je considere comme du super boulot sur le plan operatoire je réserverais cette piece à un "show-bike" (becane d'exposition) pour eviter tout risque.
Cela dit, un de mes amis soude de l'AU4G pour des pieces de motos de course depuis des annees malgré mes mises en garde. Il ne semble avoir jamais connu la moindre avarie jusquà présent.
Un risque existe. Il est possible qu'une defaillance se produise. Quand et avec quelle probabilité ? Je ne sais pas. Ça sort de mes competences.