C'en est un dans le principe puisque le régulateur centrifuge bloque, ouverte, la soupape d'échappement au-dessus d'un régime donné.
Mais pourquoi des soupapes automatiques dans les pistons?
Oui pour le Hit and Miss.
Intérêt des soupapes d'admission dans les pistons :
- L'admission de fait par clapet dans le bas moteur comme un deux temps (en haut à droite du carter, visible sur la vue en coupe longitudinale). La position de la soupape permet un transfert direct sans tubulure. Il y a une soupape d'admission "en tête" automatique (air non carburé) en face de celle d'échappement latérale (devenu classique ensuite).
- La variation de volume du bas moteur à chaque tour est égale à la cylindrée totale des deux cylindres.
- C'est un 4 temps, la soupape d'admission d'un cylindre n'est ouverte qu'un tour sur deux.
- Lors du transfert du bas moteur vers le cylindre, le volume balayé est donc de deux fois en théorie égal à une cylindrée unitaire. Il s'agit donc d'une suralimentation naturelle.
En observation :
Prudemment, le taux de compression doit être aux environs de 3:1. Ford avait osé 4 sur la T.
Sur ce moteur, conformément aux pratiques de l'époque, lubrification à huile perdue. Une façon aussi de limiter la consommation d'huile, en la rationnant, et d'avoir un lubrifiant toujours neuf.
L'admission par le piston se trouve aussi sur les premiers rotatifs aéronautiques, en étoile, de chez Gnome. L'air carburé y transitait aussi par le bas moteur.
Le principe de la suralimentation naturelle est mentionné dans le brevet original, ou d'ailleurs une disposition des cylindres en vertical twin (calé à 360°) est présentée comme variante.
Des brevets postérieurs ont pu être déposés jusque dans les années 60, reprenant le concept de cette suralimentation naturelle par paire de cylindres, sur base vertical twin ou flat twin.
Sur ces brevets tardifs (cf note), il y a des tubulures liant le bas moteur à la soupape d'admission disposée classiquement (latérale ou en tête). Je suppose que Daimler a souhaité minimiser le volume mort et les pertes de charge d'une tubulure.
Note sur les antériorités des brevets.
- La recherche d'antériorité incombe à "l'inventeur", celui qui le dépose, et pas à l'organisme où il est déposé. D'où la mention S.G.D.G courante à l'époque, qui veut simplement dire "Sans Garantie Du Gouvernement" à propos de l'antériorité.
- En 1983, le "Moteur Moderne", qui faisait de l’ingénierie moteur pour entre autres la RNUR et PSA à l'époque, s’apprêtait à déposer un brevet sur ce mode de sural. Vu sur la planche à dessin d'un collègue... Le lendemain, je suis venu avec des feuilles bien croustillantes et jaunies d'un vieux moto revue (à couverture rouge) décrivant exactement ce qui aurait du illustrer cette demande de brevet. Remis au chef, qui s'est précipité comme une fusée dans le bureau du directeur technique.
Et bien sûr l'affaire s'est arrêtée là.
Comme le disait souvent un autre de mes chefs, il n'y a de nouveau que ce qui a été oublié.