Fabrication d'un revers d'eau pour une imposte

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lepierre

Compagnon
Bonjour à toutes et à tous ,
Un nouveau chantier !
Je réalise un revers d'eau pour une imposte .
Le profil ancien est imposé. MH oblige .
Je taille un fer dans un plat spécial pour cette utilisation .
J'en trouve encore chez mon fournisseur Jurassien .
Je n'affute qu'un coté : j'ai renoncé à créer à la main des profils symétriques .
Après le profilage , j'enlève le fil à la pierre puis je morfile.
J'utilise un gros tournevis chromé avec une goutte d'huile pour cela .
Je tourne à 6000 t/mn avec une toupie lourde, arbre de 50 mm ( ( Toupie Foechterlin Supercomète , entraineur lourd).
Le fer mesure 140 mm . 45 m/s de vitesse de coupe .
Le carrelet est dégrossi à la scie circulaire inclinée.
Je ferai un jour prochain une vidéo durant l'usinage .
Lorsqu'il tourne, le fer est quasi invisible d'où le danger ; la moulure se forme et suit les veines du bois : dans le noyer , c'est extraordinaire !
Lorsque " ça " coupe , les copeaux fins et plats s'envolent comme des papillons , sans bruit !
J'arrête là , la poésie ....
Bon weekend à toutes et à tous ,
Lepierre



 
Lorsqu'il tourne, le fer est quasi invisible d'où le danger
Bonjour,

Au minimum avec ce genre de fer une encoche pour qu'il ne puisse s'échapper.

Je n'en utilise jamais , remplacé par un porte outil avec des fer amovible verrouillés.

Cordialement JF
 
"...Lorsqu'il tourne, le fer est quasi invisible d'où le danger..."
Je me demande si le fait de peindre en jaune cette lame ne la révélerait pas ...En tout cas c'est ce que l'on fait pour les hélices d'avions et les redoutables rotors d'hélicos . Ce qui améliore la sécurité sans éliminer le danger .
 
A tous,
J'ai engagé cette conversation pour montrer à la fois , le danger d'un tel travail , la réalisation et surtout les limites !
Je ne travaille JAMAIS dans de telles conditions sans un puissant entraineur !
C'est la condition sine qua non pour conserver ses doigts !
Si je dois travailler une pièce courbe , c'est gabarit , sauterelles , guide à billes et entraineur avec un galet !!!
Encore merci pour toutes vos remarques !
Lepierre
@renelabricole ,
C'est la pièce souvent située à l'aplomb de l'imposte ou en bas d'un ouvrant ou en protection d'un cadre et qui oblige l'eau de ruissellement
à " sortir " !
En dessous , pas visible sur la photo , la goutte d'eau : une petite rainure ou équivalent qui oblige l'eau qui aurait la mauvaise idée de passer sous le revers d'eau à tomber !
 
J'en ai fait aussi pas mal, mais je ne suis pas sûr que je pourrais retrouver un distributeur de cette barre dans mon coin.
J'avais fait analyser un morceau de barre pour toupie, il y a un certain déjà, dans l'entreprise où je travaillais à l'époque, C'est un vulgaire acier au carbone, mais je ne me rappelle plus le % de carbone. En tout cas, il se lime facilement. La coupe n'est pas extraordinairement durable, mais un vrai plaisir de voir le résultat.
 
Ça se trouve un peu partout.
Acier 135Cr3
 
Je ne travaille JAMAIS dans de telles conditions sans un puissant entraineur !
Bonsoir a tous
Il est bon de le rappeler !
J'ai également travaillé avec ces fers a une époque un peu ancienne , arbre de toupie en diamètre 50 fendu .
Jamais réutilisé depuis : toupie vendue et la plus récente ( une Martin plus d'arbre fendu , nouvelle réglementation et je ne regrette pas quelques fois c'était limite ........
Une corniche réalisée en partie avec cette solution en passant par la fabrication du fer adéquate ( hauteur du fer 75 mm bois passé verticalement et bien sur entraineur ) encoche de l'arbre dessous et dessus pour le logement de la vis , contrebalancement moins 1 mm
Ca c'était avant ! et je faisais pas le malin .....
 
Bonjour

Pour les fers de toupie j'utilise du 90MCV8.
Ça se trempe facilement a 800 °C à l'huile. Revenu a 300°C. L'affutage tient longtemps, même dans du chêne.

Mon grand-oncle, un vieux de la vieille, fabriquait tous ses fers avec des lames de suspension de petits camions. C'est déjà trempé. Il ne travaillait qu'au fer et disait que ça s'usait très peu. Evidemment, il fallait les tailler à la meule.


Je ne les fais jamais comme celui qui est montré ici. Même avec un entraineur j'ai trop peur que le fer sorte de la lumiere.

En bas, je laisse au milieu une saillie de 50 x 5 qui rentre juste dans les bagues qui vont autour de l'arbre. Le fer ne s'appuie pas dans la lumiere, mais sur une bague. Et Ainsi, même si la vis de serrage se déblloquait il faudrait qu'elle se devisse de plusieurs tours, pour que le fer puisse sortir de l'arbre. Cas très improbable parce que je bloque toujours le contre-ecrou de la vis.

Mes fers, je les usine à la fraiseuse. À l'affutage près, ils sont symetriques.

Malgré tout j'evite au maximum d'utiliser ces outils. Je suis bien plus serein avec des fraises. D'abord, elles sont plus massives et risquent moins de casser. Ensuite, affutées à la machine, elles coupent mieux qu'un fer qu'on finit fatalement à la main. Les fraises peuvent avoir des coupes biaises. Pour un fer, à part le vriller, ce qui rendrait impossible le montage d'un fer symetrique, je ne vois pas comment procéder.

La toupie est une machine que j'utilise en fait assez peu. D'abord parce que je suis mécanicien. Et aussi parce que cette machine me fait vraiment peur. Pour les grosses pieces, on est parfois obligé de travailler à deux. J'ai peur que l'autre ne se mefie pas autant que moi de cette machine qui a l'air endormie et qui pourtant a un appetit d'ogre.

Fers plats ou fraises, même à 5 dents, en rotation, on ne voit que le moyeu.

Je vois que Claude 74 a une astuce du même style que la mienne pour eviter le glissement des fers. Il a été plus rapide que moi.
 
Dernière édition:
bonsoir
je suis allé voir une collection de fers que j'avais récupéré
quasiment aucun n'a d'entaille sur le haut !!!
j'en ai même trouvé un très grand (1/4 de rond) qui travaillait sur le dessus du bois !!!
pour mon utilisation je faisais l'entaille de plusieurs mm de profondeur pour le boulon
jj
 
Le chrome est un élément d'addition qui augmente la trempabilité la résistance à l'usure et la resistance a l'oxydation des aciers.

Dans ce qui suit, je simplifie beaucoup des effets qui sont en realité complexes.

Pour la trempabilité, ça n'a de sens que si on le trempe, évidemment. Il existe d'autres elements qui augmentent la trempabilité, mais le chrome est l'un des moins chers. Son action se fait sentir dès les premiers % ajoutés si l'acier contient beaucoup de carbone. Le 100C6 qui sert à fabriquer les roulements a billes contient 1,5 % de chrome et 1% de carbone. Helas, à ma connaissance, on ne le vend pas couramment sous forme de tôle qu'on pourrait decouper pour fabriquer des fers.

L'addition de plus de 13 % de chrome rend l'acier inoxydable. C'est-à-dire le protege de la corrosion en milieu atmospherique aux temperatures ambiantes. En dehors de ces conditions l'inoxydabilité n'est pas garantie avec seulement 13% de chrome.

Contrairement à beaucoup de balivernes qui sévissent sur Internet et dans les ateliers de bricoleurs, les aciers inoxydables ne prennent pas nécessairement la trempe. Un acier au chrome a faible teneur en carbone ne durcit pas ou peu à la trempe. Certains autres elements d'addition ont un effet gammagene, c'est-à-dire qu'ils s'opposent parfois au durcissement par trempe. Les aciers inox les plus repandus ; 304, 316 et 303 contiennent beaucoup de chrome (18 %) mais ne se trempent pas. Ce serait un tres mauvais choix pour fabriquer des fers de toupie.

Enfin on peut obtenir des aciers qui durcissent à la trempe sans chrome. Il suffit qu'ils contiennent beaucoup de carbone. Un XC 75 ou XC 80 par exemple, ne coute pas cher et durcit bien. L'XC 75 se trouve au detail sous forme de tole a calibre (alias "bleui") de 6 mm (pour les lumieres de 6) et se trempe facilement.

Les X153CrMoV12 et le X200Cr12 (à12 % de chrome) sont de supers aciers pour outils de coupe à bois ou même à metaux à basse vitesse (lames de cisailles par exemple.) Ils ne se deforment quasiment pas a la trempe. Mais ils sont chers et difficiles à mettre en oeuvre. On peut les utiliser, mais c'est luxueux pour usiner du bois. On en trouve facilement en plaques rectifiées chez les marchands de chutes. Il faut les tremper et les faire revenir plusieurs fois pour en tirer la quintessence.

Les aciers rapides conviennent tres bien aussi. Mais ils sont encore plus chers, encore plus délicats a traiter.

135Cr 3 : 1,35 % de carbone, 0,75 % de chrome : tres bon choix. Mais il faut le tremper et le revenir.
 
Dernière édition:
AMHA je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée de tremper + revenu d'une barre pour fer à toupie. Je ne sais ce qu'adviendrait de l'existence du morfil après les premières utilisations ? et comment je fais si je veux réaffuter les fers et faire un morfil : je détrempe + revenu ? trop compliqué. Et qu'est-ce qu'il se passe dans le cas d'une mauvaise opération de trempe ou revenu d'un utilisateur lambda ? Ce n'est pas un peu dangereux tout çà?
 
Je crois que tu te trompes. Et je vais essayer de te le montrer avec des exemples simples.

Un tranchant coupe parce qu'il est plus dur que l'objet qu'il coupe. Il comprime devant lui la matiere et la matiere se tend derriere lui. Plus il est fin, plus le cisaillement, c'est-à-dire le gradient de containte (compression, moins tension )/ largeur affectee est grand et plus la matiere se coupe facilement.

On coupe le beurre avec un fil, on l'etale avec un rouleau a pâtisserie. Pourtant, à bien y regarder ce sont deux cylindres.

Le morfil nuit à la coupe, parce qu'il se replie et augmente le rayon d'arête. Un couteau de cuisine et même un rasoir qui n'est pas démorfilé coupe mal . On enlève le morfil avec une lime diamant, un fusil et meme un morceau de cuir pour un rasoir.

Couteaux de qualité, rasoirs et outils sont trempés pour être plus durs que les materiaux qu'ils tranchent et resister longtemps à l'usure.

Ce que les affuteurs appellent morfil est de même nature que ce que les mécaniciens appellent bavure.

Signalons au passage qu'avec le même outil on constate qu'on obtient plus de bavures en usinant des aciers doux que des aciers durs.

Quand on veut affuter une lame de couteau, on ne la fait jamais revenir pour l'affuter et la re-tremper ensuite. Heureusement sinon, les cuisines de restaurant et les laboratoires de charcuteries se transformeraient en ateliers de traitements thermiques.

Un petit coup de fusil à chaque utilisation et un coup de meule à grain fin beaucoup plus rarement suffisent. Même chose pour une lame de rabot. Un petit pierrage dès qu'on a du mal a faire des copeaux fins et un coup de meule uniquement quand on a raboté un clou ou un gravillon. A ma connaissance, personne ne realise de traitement thermique sur une lame de rabot à chaque affutage.

Qui recuit ses outils de tour en acier trrempé avant de les ré-affuter pour les tremper ensuite ? Et pourtant, avec ces outils, on peut couper des arbres cannelés en acier traité à 110 kg. Heureusement les outils ne volent pas en eclats. Sinon, les tourneurs devraient porter des boucliers de CRS.

 
Dernière édition:
@copeaudacier, je ne remets pas en cause tes compétences, car j’avoue, j'apprécie tes interventions sur ce forum.

Par contre, je ne suis pas sûr que ta démonstration ci-dessus s’applique en totalité pour le bois.

Le morfil nuit à la coupe, parce qu'il se replie et augmente le rayon d'arête.


Je ne sais si tu connais le racloir, un outil redoutable pour la finition du bois.

C’est une lame d’acier affutée de telle sorte que le but est d’obtenir un morfil. Lorsque celui-ci est obtenu, on vient passer l'outil sur une surface plane ou autre, tout dépend de la forme du racloir. Avec un mouvement de translation et avec une lame inclinée, on génère un copeau d’une finesse incroyable.

Regarde cette vidéo :
Mais quand le morfil s’use au fur et à mesure de son utilisation, il faut reprendre les opérations de régénération de ce morfil.

L’affutage d’une lame de rabot ne rentre pas du tout dans ce cas de figure. On affute le fer jusqu’à supprimer le morfil, point final.

Par contre, comme dit très bien @lepierre « j'enlève le fil à la pierre puis je morfile ».

Il améliore le tranchant de son fer de toupie en rabattant l’arrête de coupe un peu comme le racloir.

Il faut l’avoir réalisé et essayé pour comprendre le bien fondé de toutes ces opérations de création de morfil, que ce soit sur les fers de toupie ou racloir.

Ce n’est pas du tout mon métier, mais j’ai eu la chance de bénéficier de conseil de pro sur ces points il y a bien longtemps maintenant.
 
Je sais ce qu'est un racloir, bien que je ne m'en serve pas. Le bois c'etait le metier de mon pere. Et lui n'a travaillé qu'au fer. La vieille toupie achetée par mon grand-pere vers 1930 n'a jamais eu de fraise. Les fers n'etaient jamais equilibrés. On s'en est debarrassés dans les annees 80. Mon pere m'a raconté les multiples incidents de sa jeunesse avec cette mangeuse de doigts.

Moi je suis mécanicien. Je ne fais des objets en bois que par necessité et très occasionnellement.

Je fais 95 % de mes travaux à la toupie avec des outils à plaquettes carbures jetables et corps acier. J'avais acheté ça chez Viennois avant que la société disparaisse. De l'outillage français. Ça coûtait assez cher à l'epoque, mais je pense que je n'en verrai jamais la fin. Aucune plaquette carbure n'a de morfil et les etats de surface me paraissent excellents. Pourrait-on faire mieux avec du morfil ? Je ne sais pas. Mais de toutes façons du morfil sur du carbure c'est inconcevable.
 
@fertun :
Je suis entièrement d'accord avec ta dernière mise au point !
Un fer n'a pas d'angle de coupe une fois affuté !!
C'est le morfil qui permet la coupe !
Je n'ai peut être pas été assez assez explicite !
Je profile , finition la plus fine possible , j'enlève le fil à la pierre à huile et enfin après l'avoir solidement serré dans un étau,
J'écrase le tranchant le plus fort possible pour crée une arrête écrouie : le morfil!
J'écrase avec un gros gros tourne vis chromé et une goutte d'huile avec un angle au pif de l'ordre de 15°.
C'est exactement comme pour le racloir plat et mince !
On peut y crée 4 arrêtes morfilées .
L'arrête est fragile , la coupe d'un fer n'excède pas quelques mètres d'usinage .
J'ai horreur de dire : j'ai l'expérience , donc j'ai raison , mais c'est comme cela que je procède depuis ......longtemps .
Je propose d'aider ceux qui souhaitent apprendre !
Je taille mes fers dans un plat acheté spécialement en 6 mm d'épaisseur et jusqu'à 80 mm de hauteur et 500 mm de longueur .
Je n'ai pas d'actions chez eux ( Lomibois à Perrigny Jura )
Je taille aussi des fers de 3 mm ( acier Kity ) pour ma toupie portative Resch et ma moulurette Paul Thomas .
La toupie Resch possède deux sens de rotation .
Très utile pour les pièces chantournées , débillardées ou croches.
La moulurette Paul Tomas est très sécurisante dans son emploi !
Elle tourne à 9000 t/mn .
Fers embrévés obligatoires.
Merci de m'avoir lu jusqu'au bout !
Lepierre
 
Intrigué par cette histoire de morfil, moi aussi et rejoignant les réflexions de copeaudacier, j'ai fait une petite recherche. Il semblerait que le vocabulaire technique des menuisiers possède quelques menues différences en comparaison de celui des usineurs . J' ai donc relevé un petit dessin qui doit (?) bien représenter leur définition du morfil .

L 'ami lepierre doit ainsi utiliser son tournevis comme l' affiloir schématisé afin de créer une arrête de coupe écrouie : Le morfil .
J' ai compris ou rien du tout ?
 
Dernière édition:
L'angle de coupe positif permet certainement de meilleurs etats de surface. Mais en contrepartie le fer va s'user beaucoup plus vite puisqu'il n'est pas dur.

Si on part du principe qu'on fait un fer specifique exceptionnellement pour réparer un vieux meuble en conservant le profil d'origine, il ne servira pas beaucoup, donc s'usera peu. C'est certainement une bonne solution.

Par contre, pour des travaux neufs importants, autant choisir un profil standard et utiliser un outil à plaquettes carbure jetables. En termes de sécurite, finition (on peut même travailler en avalant avec un entraineur), durabilité, répétabilité et rapidité il n'y a pas photo, le modernisme a du bon.

Une alternative : un angle de coupe realisé en C.N. et un fer trempé pourraient donner de beaux etats de surface et un fer qui tient longtemps.
 
Possible aussi de travailler à l’ancienne, avec un dégrossissage de la forme souhaitée, suivi par un travail au tarabiscot... mais ça fait les muscles !
PG
 
@Pullmax :
Tu as tout compris !
Ton croquis est excellent !
J'ajoute qu'en écrasant l'arrête , on écroui le métal aussi !
J'utilise bien un gros tournevis chromé ( donc dur ) comme affiloire !
Vous êtes formidables , tous !!!
Bonne soirée,
Lepierre
 
toute ma jeunesse,ces fers de profil... m'enfin,ça fait ~~~25 ans,et ça n'a duré 4-5 ans..
 

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