Bridage par dépression, comment cela tient il?

IzzY debutant
Ouvrier
21 Mai 2016
280
gagny
  • Auteur de la discussion
  • #1
Bonsoir.

Je me pose une question par rapport au table à dépression ( vacuum table si j'ai mal traduit).
Comment les panneaux en mélaminé tiennent sur ces vidéos?
Je ne pense pas que le panneau de mdf au dessus de la table à dépression soit percé. Mais alors est ce que c'est la propriétée d'un mdf poreux qui permet que le panneau du dessus tienne? Ou est ce qu'il y a des trous que je ne vois pas?
Je fais référence à la 9eme minute de la vidéo suivante : Cette vidéo n'est malheureusement pas en français. C'est certain qu'il doit dire le pourquoi du comment!

On peut voir sur la photo suivante qu'ils utilisent la même technique (le mdf martyr doit être de 8mm):

Capture d’écran 2018-12-02 à 22.59.23.png
 
Romain 63
Compagnon
23 Avril 2013
1 273
FR-28 Perche
Bonsoir, tu as répondu à ta question, c est la porosité du médium qui permet à la dépression de communiquer. Je l ai vu en tolerie, et ai essayé de décoller la tôle, niet, c est bluffant.
Par contre au fur et à mesure des usinages traversants l aspiration diminue et la pièce peut se libérer.

Bonne soirée
 
joumpy
Compagnon
8 Octobre 2009
1 488
38: Grenoble
La porosité est petite donc le débit est faible ce qui veut dire qu'il faut quelques secondes pour brider la pièce et que le système est sensible aux fuites.
Par contre, la force de placage est facile à calculer: c'est comme si tu ajoutais un poids de 1kg sur chaque centimètre carré de ta pièce à usiner. Donc quelques centimètres carrés, on pousse et la pièce se déplace, 1 m² (10.000 cm²) et c'est comme 10T sur la plaque: tu peux toujours essayer de pousser!
Ce n'est pas tout à fait exact car le vide n'est jamais absolu et g vaut plutôt 9.81, mais on ne va pas chipoter!
J'avais utilisé de l'aluminium poreux pour le maintien de céramiques pendant l'usinage: même principe.
 
Dernière édition:
IzzY debutant
Ouvrier
21 Mai 2016
280
gagny
  • Auteur de la discussion
  • #5
Merci à vous de ces retours.
Il y a des moments ou je me dis que je serais presque avec un cerveau qui fonctionne :wink:

Si je pars des explications de @joumpy ( je ne suis pas encore au calcul, donc ta précision me va amplement pour comprendre), si je prends une pièce plane que je place sur un tel montage ( pièce en bois, par exemple) cela voudrait dire que pour ne pas que ma pièce bouge, il faudrait connaitre la force qu'exerce la fraiseuse en se déplaçant pour que cette force ne dépasse pas la force "limite" : qui serait la force minimum à appliquer à la pièce en bois pour qu'elle se déplace.
Si je ne dis pas trop de bêtises, est ce que cette force que la fraiseuse applique est en fonction de la vitesse de rotation de la broche et de la vitesse de déplacement? Ou bien pas du tout? ou peut être manque t il un paramètre, voir même plusieurs.

Je me dis que si l'on travaille ( exécution d'un contour) en plusieurs passes dans cette pièce de bois, à la vitesse optimale de travail en fonction de la pièce à usiner, et que l'on fait la dernière passe à vitesse réduite, voir même au ralenti ( façon slow motion ), on doit pouvoir découper un panneau de bois en plusieurs petites pièces.

Un point que je tente de comprendre : les machines à faire le vide doivent avoir plusieurs puissances. Et donc, est ce que plus l'aspiration est forte et plus il y a de poids au centimètre carré, et cela sans limite, ou bien peut importe la dépression et tout ce passe comme tu l'a indiqué? ( ta notion de vide jamais absolue m'a fait me questionner joumpy

Merci encore à tous.
 
joumpy
Compagnon
8 Octobre 2009
1 488
38: Grenoble
La force exercée par la fraiseuse est directement fonction de la dimension du copeau que tu arraches. Donc en partie de la vitesse de rotation, de la vitesse de déplacement et de la prise de passe... Mais c'est indirect. Cette force s'exerce perpendiculairement à la fraise et tend à faire glisser la pièce sur le plateau.

Le vide que l'on applique entre le plateau et la pièce permet d'éviter que la pression atmosphérique ne s'exerce sur la face inférieure de la pièce et rien d'autre, il n'est pas directement responsable du placage de la pièce. De ce fait la pression atmosphérique ne s'exerce que sur la face supérieure de la pièce (les cotés, on néglige). C'est donc la pression atmosphérique qui appuie sur la pièce. Cette force est perpendiculaire à la face de la pièce, donc elle n'empêche pas directement la pièce de bouger. Cette force augmente la friction entre la pièce et le plateau et rien d'autre. La force est importante, mais sa direction aussi.

Premier problème, pour avoir une grande force de placage, il faut du vide. MAIS, même le vide absolu (celui qu'on ne peut jamais atteindre, mais imaginons) ne donnera une pression d'appui sur la pièce que de 1 bar puisque c'est la pression atmosphérique; jamais plus. C'est la grande différence avec l'air comprimé dont on peut augmenter la pression indéfiniment. Dans l'absolu, ça dépend de la qualité du vide et de la météo du jour mais on néglige. En pratique, un vide à 100 mbar donnera 90% de la force de placage et toutes les pompes en sont capables. Donc la puissance du moteur électrique de la pompe est une indication du débit de la pompe et non de sa limite basse de vide atteignable dont on se fiche. Si vous avez des pièces bien planes et un peu de temps, une misérable pompinette à 20€ fera le boulot! Si vous êtes pressé, si vos pièces ne sont pas planes et si vous tapez dans le plateau régulièrement, regardez du coté de chez Dyson.

Deuxième problème, la force de placage dépend de la surface au contact du vide...On aurait donc intérêt à maximiser cette surface... Mais il faut bien soutenir la pièce, donc on perd de la surface sous vide. Plus la pièce est fine et déformable, plus il faut soutenir et moins la pièce sera plaquée, pas le choix!

Troisième problème, c'est la friction qui empêche la pièce de bouger et la force de friction est proportionnelle à la surface de friction. Donc surface de friction ou surface sous vide, il faut encore faire un compromis... On utilise la surface de friction comme une surface de soutien pour rentabiliser. On équipe parfois les plateaux de films ou pads spécifiques. Chacun a le sien et ça coûte une blinde. En moins cher et moins bon, voir du coté des films Dycem que l'on trouve en France chez tousergo.com ou de film utilisés en marine de plaisance (jusqu'à 45° avant qu'un verre ne tombe!)
 
marc le gaulois
Compagnon
27 Janvier 2016
2 824
La force d'appuis de 1 bar , oui mais sur un cm2 , sur un carré de 10 sur 10 , ça fait 100 bar , ou ich bin bourré???:wink:.
Porosité du médium??? , avec notre machine a vide pour le marbre , ça lève parfaitement, si s'était poreux on pourrait aspirer un papier a travers, comme pour le travertin par exemple (calcaire plein de trou).
Marcus
 
IzzY debutant
Ouvrier
21 Mai 2016
280
gagny
Merci de tous ces retours.

Je comprends mieux le fonctionnement. Et aussi les limites.
Si quelqu'un est en Ile de France et utilise ce procédé, serait il possible de venir regarder ce système en vraie?
On ne sait jamais... :wink:

Un jour je tenterai cette aventure de table à dépression. J'utiliserai un pompe BECKER -860mbar (d'après la notice)
Avec un médium de 8mm.
Il faudra que je me fabrique une cuve, un vieux compresseur fera l'affaire je pense. Je garde en mémoire toutes les informations données dans ce post, elles me seront toutes utiles.

Encore merci à vous.
 
joumpy
Compagnon
8 Octobre 2009
1 488
38: Grenoble
Comment ça se passe avec l’arrosage?
On intercale une cloche à vide transparente et on regarde monter le niveau dans la cloche. On arrête l'usinage avant de noyer la pompe. Et pour remplir la cloche moins vite, on découpe un cache en film plastique qui est aspiré sur la surface non utilisée de la table. Avec ça, on tourne ± 8 heures et après faut vider.
 
La dernière réponse à ce sujet date de plus de 6 mois
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