À l'origine on appelait acier fondu, les aciers fondus au creuset et utilisés après refroidissement. Les aciers fondus etaient réputés pour leurs teneurs ultra-faibles en carbone. C'est du moins ce qu'ont donné mes recherches sur Internet. Ainsi, les aciers fondus seraient des alliages très proches du fer. Certains auteurs parlent d'aciers toujours austenitiques, ce dont je doute très fortement. Le fer n'étant austenitique, c'est-à-dire en phase gamma, qu'au dessus de 910 °C.
Dans certains cas, des elements d'addition tels que du Niobium pouvaient être ajoutés.
Les outils en acier fondu sont durs. Donc en aucun cas en stricture austenitique !
En cherchant dans ma bibliotheque, en laquelle, j'ai beaucoup plus confiance qu'en Internet, j'ai retrouvé un bouquin de 1948 intitulé "Guide du Tourneur". La composition du fameux acier fondu à outils expérimenté en 1894 sous le nom d'acier fondu au carbone y est donnée :
- Carbone 1,047 %
- Manganèse 0,189 %
- Silicium 0,206 %
- Phosphore 0,017 %
- Soufre 0,017 %
Caricaturellement, c'est en somme un acier très proche d'un XC 100.
XC 100 :
1% de carbone
0,45 % de manganese
0,3 % de silicium
Maxi 0,02 % de soufre
Maxi 0,02 % de phophore
L'acier fondu d'outillage de 1894 serait donc un "simple" acier de coutellerie. Et il en a les qualités : une dureté importante après trempe bonne trempabilité, une belle aptitude au polissage et à l'obtention de fins tranchants. Mais aussi le principal défaut : il perd facilement sa dureté si on le rechauffe exagérément.
Vers 1948, les aciers fondus à outils contenaient, selon l'auteur du guide du tourneur "une faible proportion de chrome, tungstene, vanadium, cobalt. On s'approche des aciers rapides qui eux en contiennent beaucoup. Surtout du tungstène.
Conclusion : la designation acier fondu n'apporte pas suffisamment d'information pour pouvoir determiner une vitesse de coupe. Ce qui est certain, c'est qu'on est très loin des performances des aciers rapides, eux-mêmes très largement supplantés par les carbures modernes lorsqu'on les utilise sur des equipements modernes.
J'insiste sur la modernité. Utiliser le dernier outil de chez Seco sur un Schaublin de 1920 est souvent une hérésie autant que de se servir d'acier fondu sur un centre d'usinage de 30 kW de 2025.