Bien sûr que ça peut se decouper par emboutissage. J'ai conçu quelques outils dans les annees 80.
L'outil doit comporter un serre-flan. C'est une piece qui entoure le poinçon pour empêcher la tôle de se relever autour du poinçon. Le jeu poinçon-matrice est très important pour minimiser les bavures de cisaillage. A l'epoque, on utilisait des tableaux qu'un ancien dessineux nous avait donnés pour determiner le jeu optimal poinçon-matrice en fonction de l'epaisseur de la tôle. Pour les petits diametres, on utilisait des poincons cylindriques du commerce en acier rapide qu'on pouvait mettre en forme par exemple pour faire des trous carrés. Marques NOP (Normalisation des Outillages de Presse) ou Danly. Pour les protos, on les modifiait avec une affuteuse Deckel. Ensuite, on les faisait realiser par les fabricants.
Pour les formes plus grosses, on utilisait du Z160CDV12 d'Aubert et Duval qui doit s'appeler Sancy si je me souviens bien. Decoupe au fil pour faire en même temps poinçon et matrice. Au prix du Sancy, pas question de gaspiller.
De temps en temps, on mettait un coup de rectifieuse sur les faces de poincon et matrice pour reaffuter "le clou" (l'outil en argot d'atelier.)
Ça marche pour des milliers de pieces.
Il y a plusieurs types d'outils. Des passe-travers où la piece est ejectee à-travers la matrice et des outils à dévetisseur où un puissant ressort ejecte la piece par le haut.
Pour les pieces complexes, on faisait des outils à suivre. La bande de tôle avance d'un pas à chaque coup de presse d'un outil au suivant et la ou les pieces prennent forme en etapes successives avant d'être cisaillées.
Pour les pieces en inox, on utilisait des matrices en bronze Ampco pour ne pas polluer les pieces avec du fer qui aurait ete initiateur de corrosion.
Une fois decoupees, les pieces etaient tribofinies à "la branleuse", une sorte de bol vibrant appelé Spiratron. Toutes les fines bavures residuelles disparaissaient. Ensuite, on passait à la dégraisseuse. Autrefois au trichlorethylene chauffé à 60 degrés.
Ça sentait mauvais, c'etait dangereux. E
Il fallait surveiller le niveau. Si les resistances ne baignaient pas dans le trichlo, elkes pouvaient rougir et y mettre le feu. Dans ce cas sauve qui peut general. Le trichlo en feu dégage du chlore qui est juste mortel par inhalation...
Mais les pieces sortaient parfaites.
Le seul problème dans tout ça c'est que ça n'est rentable que pour des millions de pieces.
Mais je suis sûr que ça marche puisque je l'ai fait. Et à mon avis, les clapets de compresseurs etaient et sont probablement fait comme ça. Une petite presse à vilebrequin de 50 tonnes genre Bliss C50 ou Billaud doit être capable de taper ses 1000 pieces à l'heure. Avec un regleur pour 10 machines.
Et ça c'est la technologie d'il y a presque 50 ans.