Cet acier est dit indéformable. Il ne l'est que si on ne le maltraite pas.
La chauffe doit d'abord être lente jusqu'avant le changement de phase. Le but est d'éviter que l'extérieur beaucoup plus chaud que l'intérieur se retreigne ce qui créerait des déformations. Ça minimise aussi les impacts de la position de la piece dans le four. L'idée, c'est qui si une partie est à la température de forgeage et l'autre en-dessous, la partie la plus froide va tirer sur la plus chaude et la piece finira en banane. Ce serait un comble pour un acier indéformable.
Ensuite un palier a 750 ° pour homogénéiser la température avant de passer en structure austénitique. Puis on monte très vite à 1030 (1050 pour certains usages qui necessitent la dureté maximale. Le but de cette accélération de montée en température est de minimiser le temps de séjour à hautes température pour ne pas faire grossir le grain. En-dessous de 750, ce risque n'existe pas. Ce serait dommage avec cette nuance réputée pour être capable de donner des grains fins (si on la traite correctement.) ces grains fins donnent cette finesse d'arête dont parle à juste titre Dodore.
Le temps de maintien à 1030 doit permettre d'homogénéiser les températures, mais le plus court possible pour éviter les gros grains. En clair, plus la piece est massive, plus il doit être long. C'est l'expérience de la piece qui dicte le temps de maintien.
Trempe à l'air (ou sous gaz neutre) calme où soufflette pour éviter les déformations. On peut tremper a l'huile chaude, mais ça deformera un peu. Ce serait dommage
On ne fait pas de cryogenie sur cet acier. Mais après la trempe initiale, il reste de l austenite non transformée.
Le double revenu va augmenter la dureté (en transformant l'austenite résiduelle en martensite) et detensionner. Comme pour les rapides.
Si tout est maîtrisé, la rectification sera légère (puisqu'il ne devrait pas y avoir de distorsion significative) voire non-necessaire. En fait,si on trempe sous gaz neutre, il n'y a pas d'oxyde. Par contre à l'air. Il y aura "du feu". Et c'est généralement ce qu'on enlève à la rectification. En cas de décarburation superficielle, un léger coup de rectification permet de retrouver le taux de carbone d'origine en surface.
J'ai déjà fait des outillages d'emboutissage comme ça sans les rectifier ensuite.
Le Z200C12 (sans molybdène ni vanadium) est une alternative un peu moins coûteuse. Mais il se déforme un peu plus parce qu'on le trempe plutôt à l'huile.
Tremper un Z160 ou un Z200 à l'eau relève du crime de lèse-majesté, voire du blasphème.