Bonjour
1.4310, en designation AFNOR, c'est un Z10CN18-8, aux USA, c'est un AISI 301.
En quelque sorte un "sous 304".
Comme les célèbres 304 et 316 c'est un austenitique. Donc, un acier qui ne prend pas la trempe.
En conséquence, il n'est jamais très dur, sauf en surface s'il a été nitruré. Dans une logique de coûts, il est extrêmement peu probable qu' on applique un traitement coûteux (la nitruration) à un inox dont la principale qualité est d'être une alternative à bas coût au célèbre 304.
Cependant, le Z10CN18-8 peut durcir par ecrouissage. Par exemple dans les zones embouties. Ecroui à 75 %, sa limite à la rupture peut monter à 1280 MPa. On a donc affaire dans les zones à fort écrouissage à un acier " à 130 kilos" qui par nature s'usine avec de l'outillage conventionnel de qualité : HSSCo8 ou carbure de tungstène.
En dépit d'une dureté modeste dans les pires cas, la présence de 8% de nickel rend cet acier environ 30 % moins conducteur de la chaleur qu'un inox ferritique. La chaleur produite par la coupe ayant plus de mal à se dissiper, on devra réduire significativement les vitesses xe coupe par rapport à celles employées pour l'usinage d'un acier non-inoxydable de dureté équivalente. Environ 50 % de la vitesse employée pour un acier de dureté equivalente sans nickel.
Une lubrification abondante est fortement recommandée, même avec de l'outillage carbure pour eviter des colorations : jaunissement ou bleuissement des surfaces usinées. Lubrifiant imperativement sans chlore. Le risque serait de former des chlorures de chrome qui en "déchromant" l'acier le rendraient très sensible à la corrosion
On peut aussi pratiquer un recuit pour diminuer la dureté des zones ecrouies. Mais, il risque d'éliminer des contraintes résiduelles de mise en forme ce qui produira un gauchissement des pièces. Le recuit doit être réalisé sous atmosphère protectrice parce que cet acier est encore plus sensible à la corrosion aux temperatures elevées qu'un 304.
Beaucoup plus grave : la teneur en carbone (0,1 %.) Au-delà de 500 °C, il se produit une combinaison entre le carbone et le chrome. Des carbures de chrome precipitent aux joints de grains. L'acier "déchromé" perd son inoxydabilite (déjà faible.)
En consequence, je déconseille toute tentative de recuit avant usinage. D'abord, j'ai démontré que malgré une usinabilité plutôt faible, cet acier s'usine avec des moyens conventionnels. Moyens pro, tout de même. N'essayez pas avec des forets HSS laminés de chez Alimachin, c'est mort d'avance. Ensuite, réaliser un recuit avec des moyens industriels conventionnels (c'est-à-dire pas ceux des aciéristes, sauf si vous êtes Ugine...) transformerait votre acier inoxydable en "qui rouille" en moins de temps qu'il en faut pour le dire.