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RCH. tous documents sur l'ajustage ou le travail à la lime

  • Auteur de la discussion napalm
  • Date de début
bois.debout
bois.debout
Compagnon
7 Juil 2008
2 144
Paris
Vieulapin a dit:
... Pour la tenue de la lime, on nous a appris non pas avec le pouce dessus et les doigts dessous mais la main à plat dessus. Peut-être est-ce une autre technique...
Bonsoir,

C'est mon grand-père qui m'a appris à limer quand j'avais 11 ou 12 ans. Il employait les deux manières : la paume dessus et les doigts dessous pour la bâtarde et le pouce dessus pour la lime-aiguille... Avec toutes les variantes possibles suivant la longueur de la lime et l'effort à fournir...

L'essentiel, c'était de ne pas faire des toits de wagon et que les traits croisés soient à 45° :!:
Il n'était pas pointilleux sur la méthode, c'était le résultat qui comptait.
 
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L
Lardon
Apprenti
30 Avr 2009
123
Ile de France
Bonjour,

Moi aussi j'ai été initié à la lime par mon Père qui avait fait une formation d'ajusteur dans les années 30 (Il était né en 1920, et moi je n'ai que 44 ans et j'a eu mon fils assez tard alors je pense pouvoir transmettre un peu de ce savoir). Je confrme donc tout ce qui a été dit ici sur les techniques et les méthodes pédagogiques (sauf peut être le nombre de coups de pied au c-- par jour qui avait diminué !)

Ce que Bois Debout appelle limer "en toit de wagon", mon Père appelait cela "Limer bateau"

Juste 2 détails qui n'ont pas été dits:

Lorsque l'on veut vérifier son travail à l'équerre (1ère approche) ou au marbre, on serait tenté de chasser la limaille du dessus de la pièce avec ses doigts... cela m'a valu l'un de ces malus pédagogiques utilisés à l'époque (mon Père chaussait du 47 !) car la graisse contenue dans la peau et la sueur empèche la lime de bien mordre lors de la reprise du travail.

Autre détail: on ne mélangeait jamais les limes ayant servi pour la ferraille et celles pour le laiton. Je ne crois pas qu'elles étaient différentes mais l'usage sur une matière les rendait moins efficaces sur l'autre. Pour le dural, il y avait des râpes fraisées et pour le cuivre rouge ou l'alu pur, il fallait essayer de faire faire le travail par un autre car cela encrassait terriblement les limes ! Au cas où on ne pouvait y échapper, mon Père m'avait dit que les anciens frottaient la lime avec un morceau de craie avant de limer pour éviter le collage de la limaille, mais que ce n' était pas très bon pour la lime car cela la désaffutait plus rapidement et favorisait la rouille.

Pour vous donner une idée de la difficulté de l'apprentissage, la formation d'ajusteur durait 3 ou 4 ans je crois:
1 année pour toutes les machines tour fraiseuse étau-limeur etc.
le reste pour la lime et le grattage

Enfin, dernière anecdote pour les courageux qui m'ont lu jusque là:

Mon Père avait fait ses études dans un collège Catholique: l'institution Saint Nicolas à Igny. Tous les Dimanches, il y avait la Messe avec les familles des élèves. La Messe avait lieu dans l'atelier et on dressait l'autel... sur le marbre !

Merci de m'avoir laissé me défouler sur ce sujet passionnant.

Michel

P.S. Je trouve des limes de qualité chez Tartaix 13 / 15 rue du Pont aux Choux à Paris 01 42 72 02 63
 
L
Lardon
Apprenti
30 Avr 2009
123
Ile de France
Ah j'oubliais...

Il y avait 2 exercices assez courants je crois:

Niveau moyen: réalisation d'une équerre plate.

Niveau avancé: réalisation d'une équerre à chapeau (ou a talon) monobloc.

le tout avec la seule aide d'une scie et de quelques limes.

ces équerres je les utilise toujours...
 
J
JPDB 15
Ouvrier
3 Fev 2009
337
FR-15000 Aurillac
Bonjour
Titulaire d'un CAP ajusteur passé dans les années 60. La question sur l'apprentissage de l'ajustage m'a donné une grande bouffée de nostalgie. Merci pour la question .....
J'ajouterai à ce qui a été déjà dit, la manière d''utiliser un marbre pour vérifier la planéité d'une piéce.
En posant la pièce sur le marbre on recherche ent tapotant avec les doigts une bascule. On lime ensuite sur les points hauts jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de mouvement.
Ensuite on peut vérifier la planéité en enduisant le marbre d'une goutte d'huile avec un peu de sanguine. On frotte la pièce sur le marbre et la sanguine se dépose sur les bosses. On lime sur les bosses. Ces dernières opérations n'interviennent qu'en finission en travaillant à la lime douce. Le tiers point permet de limer une bosse au milieur de la pièce sans toucher les bords........
Pour la finition de grande pièces , principalement par grattage, on peut déplacer le marbre sur la pièce et non l'inverse.

Je vais chercher dans mes souvenirs ... Il doit bien y avoir encore quelque chose sur l'ajustage.
Jean Paul
 
L
Lardon
Apprenti
30 Avr 2009
123
Ile de France
Il me revient encore un détail en mémoire:

Il a été dit: les limes de maintenant sont parfaitement plates donc pas bonnes pour l'ajustage

et aussi: Un ajusteur lime plat; un bon ajusteur lime creux !

Je me souviens d'avoir vu mon Père, pour aller "chercher" une bosse au centre d'une pièce, utiliser une lime demi-ronde du côté rond, ceci pour générer une surface bien plate...


Michel.
 
N
napalm
Apprenti
19 Nov 2006
245
Bretagne
Merci beaucoup à tous !! Décidément, ce sujet déchaîne les passions. Tant mieux !! Je ne peux répondre à tout mais toutes les informations que vous donnez sont intéressantes ! Merci encore...

à bientôt
Jean-François
 
S
sapete1
Compagnon
21 Avr 2008
831
45 Loiret-Nord
Bonjour à tous,

Evidement , les époques ont changé , et les machines outils ont détroné l' ajusteur qui dans un premier temps faisait tout à la main pour n' opérer que sur les phases d' ajustage de pièces déja dégrossies, voire usinées complètement à la machines, ajustage et grattage étant devenues des phases finales d'exécution ou de rattrapage de pièces.
Mon père était ajusteur outilleur entre les deux guerres, il réalisait des outils à découper de presse et j'ai quelques pièces qu'il avait réalisé, surtout des ajustements à queue d' aronde, car à l' époque, pour embaucher un gars, on lui faisait faire un essai dans un temps imparti, un ajustement, la queue d' aronde étant une classique.
Pas de CV bidon assisté du fonctionnaire de polemploi pour trouver du boulot, mais des qualités sur le tas, un peu comme on fait faire des essais pour embaucher un pilote de F1 encore maintenant, bientot on lui demandera un CV!!
Tout cela à la lime, scie à main, éventuellement perceuse et contrôle avec pied à coulisse, équerre, tracage au marbre avec vé, trusquin.
Utilisation du bleu pour la portée, éventuellement.
Pas plus de mattos pour faire....des pièces d'une rectitude, planeïté , equerrage qui feraient penser que la pièce a été réalisée à la machine si ce n' est le trait croisé à la surface.
Parfois ce trait croisé du limage était éliminé en tirant la lime pour avoir une surface très ressemblante à de la rectif!!
J' ai suivi un enseignement technique à la même époqe que Vieulapin avec des profs d' ajustage qui nous ont fait pousser la lime, pas seulement pou ajuster, mais aussi pour réaliser les pièces entièrement et on avait mal au creux du poignet et avec des ampoules, c'était pour faire rentrer le métier, mais en ce qui me concerne je n'ai jamais su limer creux comme mon pater qui était de l' autre génération, celle des ouvriers artistes qui avaient de l' or dans les mains , mais tout ceci est du passé.
Quand je les aurai sous la mauin , je vous mettrai des photos de ces pièces, elles sont pas mal et réalisées à la main.
Si on n' a pas de fraiseuse, on peut faire par ajustage un tas de trucs quand on sait limer à peu prés plan, les anciens tenaient les 2/100èmes sur une surface de 100mm au carré!
Et idem pour la perpendicularité.
Si on veut mieux, apres , on peut gratter, il y a un post la dessus que vous connaissez bien.
J' ai encore tout un attirail de limes qu'il m' a laissé: limes classiques de marque Talabot et aussi limes aiguilles de toutes sortes: feuilles de sauge, tiers point, plates etroites, ultra fines, rondes, queue de rat etc qui me servent à refaire des clés; mais on a plus vite fait d' aller chez Mister Machin, encore que çà ne mache pas toujours bien et qu'un petit coup dessus arrange les choses.
J' ai achete en GSB des limes MOB , c'et encore les mieux, les chinoiseries anonymes, je n' en parle pas!
Le pb des MOB est qu' elles sont tempées trop sec et les dent se cassent assez facilement si on lime dans des conditions ou peuvent apparaitre des vibrations ou sur des arêtes.

Bonne limaille et bonnes ampoules ! :-D :-D

A+

sapète1
 
A
Anonymous
Guest
Bonjour les sportifs :-D :-D :-D

Monsieur Sapète !!!!!!!
Comment ....... quoi ....... que lis-je ...... Mon Dieu !!!!!!! mais il insulte les anciens celui-ci :P :P
S'ils pouvaient voir les horreurs que tu viens de proférer ils te maudiraient :mad: :mad: :mad: :mad:
Travailler à 2/100 ???? ça vas pas la tête :twisted: :twisted: :twisted:

Avec des " Vraies " limes, non seulement nous pouvons limer creux sans aucun problème ....
Mais les 2/100 alors là faut pas charrier ... c'est du travail de gougnafe géante ça !!!!!!
Nous pouvons ..... et vous aussi vous le pouvez ... tenir 2 à 3 microns :oops: :oops: :oops:

celui qui à transpiré avec la batarde sait combien il est difficile de tomber les diixèmes
il sait aussi très bien combien un coup de lime enlève ( c'est microscopique )
Fais moi confiance que si on peut s'éviter de limer comme un boeuf, on ne se gène pas !!!!! :lol: :lol: :lol:

Damned !!!!!! j'en suis encore bouleversé d'avoir eu cela à lire :P :P :P :P
Les d'jeunes ne nous épargnerons donc rien ??????
Ah !!!!!! Elle est belle la reconnaissance envers les anciens :wink: :wink: :wink:

Poupa 1er
 
F
fjackson52
Ouvrier
2 Août 2009
286
Belgique
Bonjour à tous,

Je ne pense pas que celà aie déjà été dit, mais pour réaliser des surfaces planes en traits croisés, ont utilisaient (à l'école) la lime triangulaire.
Cette lime a la particularité d'être bombée vers le tiers de sa longueur ce qui permet, quand on utilise cette partie de la lime d'avoir tendance à "creusé " la surface.
Et l'avantage du trait croisé, c'est de voir la partie de la suface que l'on est en train d'usiner.

Encore une petite chose concernant la précision du travail à la lime pour rejoindre l'article de Monsieur Poupa1er.
En 1965, j'ai un ami qui était à l'école de fine mécanique (spécialité armurerie à Liège).
Et bien la pièce à réaliser en 1er année était la culasse complète d'un fusil de chasse cal.12 avec pour tout outil coupant: une scie à main, un jeu de lime et une perceuse d'établi.
Je ne vous dit pas le nombre de coup de lime qu'il faut pour faire ce travail et en plus en acier dur.
Alors "napalm" ne vous décourager surtout pas, parce que le travail à la lime vous apprend énormément de chose concernant la matiere.
Bon apprentissage.

Cordialement

Jacques
 
Vieulapin
Vieulapin
Compagnon
24 Nov 2008
2 541
Chartres
Bonsoir à tous

fjackson52 a dit:
pour réaliser des surfaces planes en traits croisés, ont utilisaient (à l'école) la lime triangulaire.
Cette lime a la particularité d'être bombée vers le tiers de sa longueur ce qui permet, quand on utilise cette partie de la lime d'avoir tendance à "creusé " la surface.
Personnellement, on ne m'a jamais appris avec une lime triangulaire. Celle-ci servait uniquement pour faire les queues d'aronde. Et heureusement, car, comme la main qui tenait le bout de la lime était à plat dessus, on aurait eu des ampoules encore dix fois plus vite en appuyant sur cet angle vif. Le vraies limes bâtardes ont un côté plat et un côté bombé. Il suffit simplement d'utiliser le côté bombé.

Cordialement
 
F
fjackson52
Ouvrier
2 Août 2009
286
Belgique
Bonjour,

Pour réponse a "Vieulapin", peut être des méthodes différentes suivant le pays, voir le professeur. Pour la tenue de la lime triangulaire, c'était le pouce sur une face et trois doigts sur l'autre face de la lime.
La lime plate servant plutôt à la réalisation de boutonnière.

Concernant les queues d'aronde (ma méthode): dégrossissage à la lime plate ou triangulaire et finition avec une lime couteau.
L'angle de 60° de la lime triangulaire ne permettant pas une finition d'une queue d'aronde à 45° voir même à 60°.

Voilà un aperçu de la méthode de travail que j'ai apprise, mais je ne suis pas un ajusteur professionnel.

Cordialement,

Jacques
 
A
Anonymous
Guest
Bonjour la jeunesse,

Mais pour les queues d'arondes chef !!!!!

on fait un piti traoubouhu pour dégager l'angle si l'on veut que cela soit beau :-D :-D :-D
Sinon si cela ne se voit pas , un bête trait de scie à 30° fait l'affaire :eek: :eek: :eek:

n'oublies pas que le temps passé sur un ajustage coute tout de même de l'argent
Nous devons donc économiser, ( surtout nos forces !!!!!!! :-D :-D :-D :-D )
 
S
sapete1
Compagnon
21 Avr 2008
831
45 Loiret-Nord
Bonjour à tous,

Réponse à Poupa1er,

Je vois que ce sujet en émoustille pas mal certains, je pense que travailler à 2/100èmes me convient parfaitement en tant que mécanicien avec une lime classique, un bout d' acier classique et une ambiance classique!
Si tu vas taquiner le 1/1000ème, c'est dans une salle blanche en atmosphère climatisée avec de moyens de métrologié évolués, mesure d' interférences par prisme etc, tu es déjà dans une spécialité particulière relevant davantage de l' optique et du polissage de lentilles!
Cà existe , mais pas dans la mécanique tradirtionnelle, fabrication de moyens de mesure, cales étalons, çà reste un domaine particulier et pas à la lime!

Sinon, je suis tout prêt à ce que tu me montres celà, ce qui me permettra d'en apprendre encore, du haut de mes 110 ans!! :eek: :eek: :eek:

A+

sapète1
 
A
Anonymous
Guest
Bien Sapète !!!!!!

Monsieur est un fin connaisseur :smt041 :smt041 :smt041 :smt060

Non je ne fais plus que de la micro mécanique chef .....
A la retraite les choses ne perdurent point mon brave !!!!!
le pire est la vue qui baisse diablement vite
Normalement c'est lorsque que l'on picole " léger léger " que la lumière baisse :-D :-D

Mais 2/100 alors là " NON Mosieur !!!! " je ne me laisserai jamais aller a une telle bassesse :twisted: :twisted:
Plutôt raccrocher ma blouse et lire le journal :P :P :P :P :P
 
Tourblanche
Tourblanche
Compagnon
17 Oct 2008
2 224
Monterégie , Québec
Je ne suis que retraité-bricoleur , aucune formation ,
Une de mes passions c'est la fabrication de repro de platines d'armes du
XVII et début XVIII e siècle , c'est beaucoup de travail a la lime .

Je suis toujours a la recherche de vieux bouquins .

J'aime beaucoup cette discussion :-D
 
La dernière réponse à ce sujet date de plus de 6 mois
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